



APPROCHE / APPROACH
Paysages, mers, portraits, fleurs, fruits, natures mortes… Je pars toujours du réel. Mais la photographie, dans mon travail, n’est pas une fin. Elle est un point de bascule.
Mes images sont réinterprétées, déplacées, transformées. Elles deviennent des espaces où dialoguent des états opposés : organique et minéral, matière et esprit, visible et effacé, réel et imaginaire…
Je travaille dans une logique du « et » plutôt que du « ou ».
Les contradictions ne s’annulent pas — elles coexistent, se frottent, se répondent.
À travers des processus d’altération et de recomposition, l’image se trouble. Elle oscille entre abstraction et figuration, entre évidence et mystère.
Ce qui était familier devient incertain.
Il ne s’agit pas de représenter le monde, mais d’en révéler des zones plus instables, plus ambiguës — des espaces où le regard hésite, où le sens reste ouvert.
Mon travail cherche ainsi à faire émerger une forme de poésie : une poésie des complémentaires, où les opposés cessent de s’affronter pour exister ensemble.
Landscapes, seascapes, portraits, flowers, fruits, still lifes… My work always begins with reality.
But photography, in my practice, is not an end point. It is a tipping point.
My images are reinterpreted, shifted, transformed. They become spaces where opposing states interact: organic and mineral, matter and spirit, visible and fading, real and imaginary…
I work within a logic of “and” rather than “or.”
Contradictions do not cancel each other out — they coexist, rub against one another, and resonate.
Through processes of alteration and recomposition, the image becomes unsettled. It oscillates between abstraction and figuration, between clarity and mystery.
What once felt familiar becomes uncertain.
This is not about representing the world, but about revealing its more unstable, ambiguous zones — spaces where perception hesitates, where meaning remains open.
My work seeks to bring forth a form of poetry: a poetry of complementarities, where opposites no longer oppose, but exist together.
© BERTRAND JACQUELINET